lundi 25 février 2008

portes ouvertes ou fermées


C’est décidé, je l’ouvre. Je LES ouvre. Toutes ces petites portes qui sont dans ma tête. Toutes ces questions auxquelles je n’ai malheureusement pas de réponse. Je cherche pourtant. Et je peste. Je peste contre moi-même parce que les réponses ne sont pas très loin. Il suffirait d’ouvrir les portes. D’ouvrir la bouche. Mais je n’ose pas. Pourquoi ? Encore une question qui n’a pas de réponse. Et c’est un cercle vicieux. Ça ne s’arrête jamais.Le problème, c’est ce qu’il y a derrière. Je ne sais pas ce que c’est. Et j’ai peur de ce que je pourrais trouver. De la tristesse, mêlée à de la rancune, et sans doute un peu d’amertume. Mais pas de sourire, pas de joie. Pas ce que je voudrais. C’est comme ça. Quelqu’un m’a dit un jour que ça s’appelait « la vie ». C’est triste, n’est-il pas ?Chut ! Un bruit… Ou plutôt un râle. Une plainte. Qui vient de derrière l’une de ces portes. Vous comprenez maintenant pourquoi je ne veux pas les ouvrir ? Je suis Docteur Jekyll, et Mister Hide a caché derrière ces satanées portes tous mes sentiments, mes pensées profondes, mes douleurs, mes peines. Tout ce qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui. Mais qu’a-t-il fait des mes joies, de mon bonheur, de la magie…? Il y en a eu aussi ! Je ne les trouve plus. Je ne sais pas où ils sont. Enfouis quelque part. Mais pas derrière l’une de ces portes. J’ai essayé de les ouvrir. Mais la poignée se baisse, je jette un œil, et alors je sens le froid, la peur, et je vois l’ombre, et j’entends la douleur. Que m’arrive-t-il ? Ce ne sont pas mes souvenirs ! Cela n’est pas ma tête ! Ce n’est pas possible ! Je lâche la poignée et je recule de quelques pas, pour m’apercevoir qu’il y a une autre porte, qui cache les mêmes horreurs, et une autre, et une troisième… Elles se succèdent à n’en plus finir, comme si l’on avait posé deux miroirs face à face. Et toutes renferment les mêmes monstres du passé, les mêmes interrogations effrayantes. Je dois savoir, mais je ne peux pas. Et je ne suis même pas sûre de le vouloir.« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ». Et bien les miennes sont entrouvertes. Et elles vont le rester pendant quelques temps encore. Le temps de trouver le courage d’affronter ce qu’elles retiennent, quand j’aurai vu et entendu assez d’horreur pour ne plus avoir peur de moi-même. Ça risque de durer longtemps. Mais c’est peut-être pas plus mal comme ça…

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