
Rouge passion. Noir de tristesse. Vert de l’espoir. Je jette les couleurs sur la toile, d’un coup de bras et de pinceau alors que les sentiments affluent. Une couleur pour chaque souvenir. Pour les cris, c’est le rouge, qui représente la rage, comme la passion. Pour les larmes, c’est le noir, bien souvent comme les idées qui créent ces larmes. Pour les sourires, c’est le vert. Celui qui fait espérer que les choses vont rester comme elles sont.
Mais arrive un moment où tout se mélange. Il n’y a plus de frontières, les couleurs se superposent et pourtant je ne parviens pas à m’arrêter, à arrêter mon bras, parce qu’il y a encore des sentiments à jeter sur la toile. Le mouvement devient frénétique, je dois continuer, pour évacuer. On ne distingue pourtant plus les couleurs sur la toile… Ça s’appelle la peur. La peur n’a pas de couleur, pour la simple et bonne raison qu’elle ne vient jamais seule. Elle est constante, mais pas indépendante. Que ce soit peur d’aimer, peur d’être triste, ou d’espérer, elle est toujours accompagnée, voire précédée de cet autre sentiment, justement celui qui nous effraie. Vous comprenez pour quoi elle ne peut avoir sa propre couleur…
Qu’est-ce qu’il m’arrive ? J’ai la tête qui tourne, elles me donnent mal au cœur, toutes ces couleurs… je n’ai jamais aimé ça, la couleur. Je suis plutôt du genre noir et blanc, mine de plomb, fusain… alors pourquoi cette quantité d’acrylique jetée en vrac sur ce carré de lin ? Je dois être malade… Il faut que j’en parle à quelqu’un…
Diagnostic : le choc… Tout le monde semble être d’accord, je suis bel et bien malade. De la pire maladie qui soit, et en même temps, la plus anodine. On est tous passé par là (ou presque…) mais certains ne se sont jamais relevés…
Ça commence tout bêtement. Rencontrer. Connaître. Apprendre. Puis il se passe quelque chose de bizarre. L’une de ces rencontres passe au dessus des autres. Et les symptômes apparaissent. Chérir. Aimer. Craindre. Adorer. Décevoir. Etre déçu. Haïr. Aimer plus. Crier. Hurler. Pleurer. Détester. Désirer. Aimer toujours plus…
Et en voir de toutes les couleurs…
3 commentaires:
hoho ... voilà qui me dit quelque chose ... un sentiment familier pour le moins ...
et je crois qu'il est familier pour chacun de nous...
J'aime vraiment beaucoup ce texte.
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